DISCOURS DU 8 MAI 2018

 

Il y a 80 ans, l’année 1938  marquait un tournant décisif pour l’avenir de l’Europe.

Examinons les différents évènements qui ont conduit à la 2ème guerre mondiale.

Dès le 1er janvier, les médecins juifs sont exclus des caisses d’assurance maladie en Allemagne. Un décret permet à la Gestapo d’envoyer dans les camps toute personne dont les tendances menacent le peuple et l’état !

Dans un discours du 20 février au Reichstag, Hitler menace la Tchécoslovaquie si la région des Sudètes n’est pas rattachée au Reich.

Le 12 mars, Hitler proclame l’annexion de l’Autriche à l’Allemagne, c’est l’Anschluss. Cette annexion ne provoque qu’une protestation verbale de la France et du Royaume-Uni.

La menace sur la Tchécoslovaquie se précise avec la mise au point d’un plan d’attaque du Général Keitel dénommé « plan vert ». L’Angleterre assure la France d’un soutien en cas d’attaque allemande mais ne soutiendra pas la Tchécoslovaquie par peur d’engager une guerre en Europe !

En même temps où la Suisse obtient le statut de pays neutre de la Société Des Nations, Hitler ordonne la préparation de l’attaque de la Tchécoslovaquie et ordonne l’accélération du « mur de l’ouest »,  la ligne Siegfried.

Pendant l’été 38, la conférence d’Evian sur les réfugiés se solde par un échec. Les états refusent de faciliter l’immigration des juifs d’Allemagne. On a vu ce qu’il est advenu d’eux ensuite.

Déjà en 1938, les états refusaient d’accueillir et protéger les réfugiés victimes dans leur pays d’origine. Nous n’avons pas beaucoup progressé !

Dans la foulée de cet échec, Hitler crée une Carte d’Identité spéciale pour les juifs. La suite sera la terrible Nuit de Cristal du 9 novembre avec l’incendie ou la destruction de plus d’une centaine de synagogues et la destruction de 7500 commerces juifs.

Mais 1938 c’est aussi l’accélération des batailles de la guerre d’Espagne et ses centaines de milliers de victimes. L’Espagne terrain d’entrainement des alliés du Général FRANCO que sont l’Italie et l’Allemagne. MUSSOLINI envoie son aviation bombarder Barcelone, HITLER fournit des armes et des avions.

Il y a 80 ans, la Catalogne perdait déjà son statut d’autonomie.

Le pire fût peut-être la fermeture de la frontière avec la France par Edouard DALADIER en juin 38, avec  l’impossibilité pour les espagnols de fuir la guerre et de trouver une terre d’accueil.

Avons-nous évolué depuis ? La France, patrie des Droits de l’Homme, qui enferme, trie, refoule les Syriens, Afghans, Yéménites, Lybiens et autres victimes de guerres.

Et l’Europe dans tout ça ? Repli sur soi en Hongrie, en Autriche avec des gouvernements d’extrême droite prompts à ériger de nouveaux murs de la honte pour bloquer les migrants. En Pologne, le gouvernement conservateur (on peut se demander ce qu’il conserve) a pris une loi sanctionnant de prison toute personne utilisant le terme « camps de la mort Polonais » et minimisant l’extermination des juifs, en particulier les juifs polonais !

Il n’y aura de salut de l’Europe que dans la résistance à ces montées de nationalisme, dans le refus du repli sur soi, dans l’ouverture aux idées neuves et pas dans le retour aux idéaux fascistes comme en Italie, Hongrie, Autriche, Pologne.

Il n’est pas de race « pure », l’homme est le résultat d’une évolution génétique. Quelle que soit l’origine de la vie sur terre, l’homme blanc, le français n’est pas apparu blanc et français !

Le monde n’est qu’un lieu de rencontres. Les continents dérivent depuis des millénaires et avec eux les migrations d’espèces dont l’homme.

Luttons contre cette folie qui décide de qui a le droit de survivre.

Servons nous des leçons de l’histoire pour ne pas en reproduire encore les horreurs. Il n’est pas si loin le temps des nazis, des khmers rouges, du Rwanda.

Aujourd’hui on gaze en Syrie, on bombarde au Yémen, en Afghanistan, au Mali, en Irak. On assassine en Lybie, on emprisonne en Egypte ou en Turquie, on terrorise un peu partout dans le monde.

Quand un conflit s’éteint, un autre démarre. Les marchands d’armes sont toujours présents et prompts à aider chaque camp. L’argent n’a pas d’odeur ? Si, il a l’odeur de la mort lorsque c’est celui des ventes d’armes.

En cette année du centenaire de la fin de la 1ère guerre mondiale, n’oublions pas ceux qui sont morts pour le France. Mais n’oublions pas non plus que ceux qui donnaient l’ordre de monter au front étaient très souvent les mêmes qui investissaient dans les industries de mort, et ce dans chaque pays belligérant.

Dans notre devise nationale, il y a Liberté, il y a Egalité, mais il y a aussi FRATERNITE. Cette Fraternité mérite d’être remise au 1er rang de nos idéaux républicains, cessons de donner de l’importance à ceux qui propagent la haine et le rejet de l’autre.

Vive la République, vive la France.